"Roger Somville au Borinage" (détails)

Du 01/10/2004 au 31/1 2005 inclus (dont 2 mois de prolongation)


"Somville et les mineurs, de 1950 à 1960 !"
Peintre belge de renommée internationale.
Exposition exceptionnelle :
C’est la deuxième fois, en cinquante ans, qu’il est invité à exposer l’ensemble de son hommage aux mineurs.

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- Exposition exceptionnelle :
C’est la deuxième fois, en cinquante ans, qu’il est invité à exposer l’ensemble de son hommage aux mineurs.
Francis Matthys écrivait dans LLB en 2004 :
« Il a représenté la Beauté autant que la Douleur ».

- Découvrez ici les détails de l’exposition et la biographie du peintre

Francis Matthys écrivait dans LLB en 2004 :
« Il a représenté la Beauté autant que la Douleur ».

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Roger Somville est né à Schaerbeek le 13 novembre 1923.
Dès les années 50, il affirme un style expressif et monumental, attentif aux réalités du monde contemporain. Préoccupé de l’aspect social de la peinture, il prend une part active au renouveau, en Belgique, de la tapisserie, de la céramique et de la peinture murale (mural Notre temps, métro de Bruxelles, 1974-1976). Fondateur du « Mouvement réaliste » (1968), il est l’auteur d’un livre-manifeste, Pour le réalisme, un peintre s’interroge (1970). [Grand Dictionnaire Encyclopédique Larousse, édition 1985]
Etc.

« Qui est assez dénué de connaissances historiques et de générosité humaine pour ignorer que l’art aussi, dans sa spécificité, doit prendre part au combat pour une société moins injuste ? »Avec une peinture figurative aux accents à la fois réalistes et expressionnistes, Roger Somville aborde, à sa façon, de nombreux thèmes tels le bruit et la fureur, la guerre, la pauvreté, la femme, l’amour, la tendresse.

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Il séjourne dans le Borinage de 1950 (quand s’était créé le « Mouvement des Partisans de la Paix ») à 1960.
Aujourd’hui, pour son retour, la Closerie du Vieux Cèdre l’accueille
avec 30 chefs-d’œuvre des plus remarquables.
Cette exposition à Colfontaine (Pâturages), en 2004,
ravive sa mémoire et son attachement pour cette région.

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L’exposition veut être un hommage particulier à Roger SOMVILLE, surtout à une partie très importante et émouvante de son œuvre, celle consacrée aux mineurs du Borinage et au monde de la mine en général.

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« J’ai découvert le Borinage chaleureux et ouvert... » « Les Borains m’ont plu immédiatement car bons vivants et accueillants. »

Avec son épouse Simone Tits (céramiste), il crée « L’Atelier collectif de la céramique de Dour », d’où sa rencontre avec le pays des mines.
Il décore de nombreux cafés de la région avec des fresques murales. Presque toutes ont été découpées à la scie électrique lorsqu’il a commencé à être un peu connu.

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Durant cette période, il partage et observe la vie des mineurs. Il exprime avec sensibilité la condition de ceux-ci à travers les portraits. C’’est l’’époque aussi de la fermeture des puits de cette contrée mais aussi de la Wallonie.
Roger Somville veut traduire dans l’’art une réalité sociale.\r\nBien plus que l’’aspect dramatique, Somville parvient à restituer le meilleur de la mine dans ses tableaux : sa dignité, sa fierté, sa combativité. Il suffit de regarder droit dans les yeux les portraits des mineurs que le peintre fréquente alors, qu’’ils soient polonais, italiens ou algériens. Nous y découvrons l’’hommage du peintre à la diversité de la mine, reflet plastique du célèbre adage minier : Siamo tutti neri (Dans la mine, nous sommes tous noirs).

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Ses souvenirs le ramènent forcément en 1953, lorsqu’’il descend pour la première fois au fond de la mine à Elouges. Avant de se mettre à ramper, le porion lui dit qu’’il ne verrait bientôt plus que ses semelles. Il a été saisi de panique ; il se sentait fait comme un rat dans cette galerie étroite. Jamais il n’’est redescendu.
De cette époque il garde des souvenirs effroyables mais aussi et surtout il n’’oublie pas les qualités de cœur spontanément offertes par les Borains.

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Mais il n’’y a pas que le Borinage. La chose la plus terrible qu’’il voit et vit c’’est la catastrophe du Bois du Casiez à Marcinelle, le 8 août 1956. Ce jour-là, il fait un soleil insultant.
Ensuite il veut peindre l’’horreur, sans jamais y parvenir : « Les sensations restaient bloquées au fond de mes tripes ». C’’est seulement dans les années 90 qu’’il peut réaliser une fresque exprimant « Marcinelle » en peignant ces femmes hurlantes de désespoir, accrochées aux grilles du charbonnage.
Cette remarquable fresque est bien évidemment mise en valeur à la Closerie du Vieux Cèdre dans une des salles de l’’ancienne brasserie malterie Tillier, en octobre et novembre 2004.
EXPOSITION PROLONGEE JUSQU’’AU 30/01/2005,

« J’’aurais aimé ne peindre que la joie de vivre, mais il faut également rendre compte de ce qui ne va pas. »

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Sans minimiser les heures dramatiques du monde minier, il ne faut surtout pas oublier non plus que les mineurs et les Borains gardaient leur dignité, leur fierté, leur combativité, et savaient aussi s’’amuser, rire et chanter !
Actuellement, cette région boraine souvent décriée, a besoin d’’exemples, d’’espoir, d’’encouragements. Ceux qui ne connaissent pas bien cette région doivent oser y venir pour y découvrir sa reconversion culturelle.
Le réalisme de Somville n’’est jamais imitatif ou photographique.
Il interprète un fait réel, même banal, comme un fait plastique où l’’idée,l’’émotion et la forme trouvent à la fois leur expression et leur justification.
C’’est un expressionniste.
Il porte la réalité en lui et peint en n’’obéissant qu’’aux élans spontanés du cœur et de la conscience.